InMail LinkedIn automatisé : crédits, limites et outils
Par Yann Nabusset

lemlist vient d’ajouter une étape InMail à ses campagnes LinkedIn. Jusqu’ici, l’InMail restait le dernier recours manuel d’une prospection automatisée : on enchaînait invitations et messages par un outil, puis on ouvrait LinkedIn à la main pour les prospects qui refusaient de se laisser inviter. Que cette corvée entre dans une séquence est une bonne nouvelle. Reste à savoir ce que « automatiser un InMail » veut dire quand les crédits appartiennent à LinkedIn et pas à l’outil.
La réponse courte
Oui, on peut envoyer des InMails depuis un outil de séquences, mais pas depuis n’importe lequel, et jamais sans abonnement LinkedIn payant. L’outil ne crée aucun crédit : il consomme ceux de votre compte et s’arrête quand ils sont épuisés. Selon l’outil, il faut un compte Premium (lemlist) ou un Sales Navigator (HeyReach). Et un volume de quelques InMails par jour est la norme, pas une limite à contourner.
D’où viennent les crédits
Un InMail est un message à quelqu’un avec qui vous n’êtes pas en relation. LinkedIn en offre un stock mensuel selon l’abonnement. La documentation de lemlist donne les allocations et les plafonds de recrédit suivants :
| Abonnement LinkedIn | Crédits par mois | Plafond de stock |
|---|---|---|
| Premium Career | 5 | 15 |
| Premium Business | 15 | 45 |
| Sales Navigator Core | 50 | 150 |
| Recruiter Lite | 30 | 120 |
LinkedIn recrédite l’expéditeur quand le destinataire accepte l’InMail, dans la limite du plafond. Les outils d’automatisation se contentent d’afficher le solde : lemlist précise lui-même qu’il ne peut pas en ajouter.
Un détail à connaître : les règles de report ne sont pas décrites de la même manière partout. lemlist parle d’un stock qui peut monter jusqu’à trois fois l’allocation mensuelle, HeyReach écrit que les crédits ne se reportent pas. La seule source qui compte est l’écran de crédits de votre propre compte LinkedIn. Regardez-le avant de lancer une séquence, pas après.
Un peu d’arithmétique pour calibrer : 50 crédits répartis sur un mois de 22 jours ouvrés donnent un peu plus de deux InMails par jour. Avec 15 crédits, on tombe sous un InMail par jour.

Les profils ouverts : la seule exception gratuite
LinkedIn distingue les profils fermés (un crédit par InMail) des profils ouverts, ceux de membres Premium qui acceptent les messages de n’importe qui. D’après la documentation de HeyReach, envoyer un InMail à un profil ouvert ne coûte aucun crédit. HeyReach propose pour cela une étape de contrôle qui oriente les profils ouverts vers l’InMail et les autres vers l’invitation. La documentation de lemlist, elle, ne dit rien de ce cas : ne supposez pas qu’il fonctionne de la même manière.
Quel outil envoie vraiment des InMails
| Outil | Compte LinkedIn exigé | Ce que dit l’éditeur |
|---|---|---|
| lemlist | Premium (au moins un compte connecté) | Étape « InMail message » dans la séquence |
| HeyReach | Sales Navigator obligatoire | Étapes InMail, contrôle des profils ouverts |
| La Growth Machine | Non précisé | InMail comme étape conditionnelle (page de l’éditeur) |
| Waalaxy | Sans objet | Affirme ne pas envoyer d’InMails |
Les deux premières lignes viennent de la documentation officielle de chaque outil. La troisième vient d’un article de l’éditeur lui-même, pas de sa documentation technique : vérifiez dans l’interface avant de compter dessus.
La dernière ligne demande une explication. Dans son article sur les limites de LinkedIn, Waalaxy écrit noir sur blanc qu’il n’envoie pas d’InMails : c’est un abonnement LinkedIn payant qui les fournit, et ils s’envoient depuis LinkedIn. Des comparatifs publiés par des concurrents affirment pourtant l’inverse. Quand les sources se contredisent, la documentation de l’éditeur fait foi, et un essai gratuit tranche en dix minutes. Cela ne fait pas de Waalaxy un mauvais outil : son article met en avant ce que l’InMail ne fait pas, notamment les relances automatiques.
Ajouter une étape InMail dans lemlist
La procédure décrite par lemlist tient en peu d’étapes.
- Connectez à lemlist au moins un compte LinkedIn sous abonnement Premium.
- Ouvrez la campagne, allez à la séquence et cliquez sur « Add step », puis choisissez « InMail message » dans les étapes LinkedIn.
- Choisissez l’expéditeur, puis rédigez l’objet et le message. L’éditeur ressemble à celui du message LinkedIn classique, mais n’accepte que des expéditeurs Premium.
- Réglez le plafond quotidien dans les réglages, sous « Sending limits », sur le paramètre qui limite le nombre d’InMails envoyés par lemlist en 24 heures. La documentation ne donne ni valeur par défaut ni maximum.
Côté tarif, la page de tarifs de lemlist affiche le plan Multichannel à partir de 87 dollars par mois et par utilisateur (avec un prix barré de 109 dollars), et le tableau comparatif semble réserver l’InMail à Multichannel et à Enterprise. La page propose un essai gratuit de 14 jours sans carte bancaire, mais une bannière annonce 30 jours : la page n’est pas d’accord avec elle-même, confirmez avant de vous inscrire.
Quand l’InMail ne part pas
La documentation de lemlist liste les cas où rien ne part, et ce sont les surprises les plus fréquentes :
- le plafond quotidien est atteint : l’envoi s’arrête et une alerte s’affiche ;
- le compte n’a plus de crédits : l’InMail ne part simplement pas ;
- l’expéditeur n’est pas Premium dans une campagne à rotation d’expéditeurs : l’étape est ignorée pour ce contact, avec la mention « InMail skipped: non-Premium sender », et le reste de la séquence continue ;
- l’InMail ne peut pas servir de solution de repli à l’étape de message LinkedIn classique.
Les avertissements de l’éditeur n’empêchent jamais le lancement d’une campagne. Une séquence peut donc partir avec un InMail condamné d’avance.
Les scénarios qui justifient un crédit
lemlist propose cinq usages dans son annonce. Retenez-en la logique : l’InMail sert quand l’invitation a échoué ou ne peut pas être envoyée.
Le premier cas est le décideur d’un compte cible qui change de poste : on lui envoie une invitation, et un InMail deux jours plus tard si elle n’est pas acceptée. Le deuxième est le prospect à forte valeur dont une ancienne invitation reste en attente : une invitation en attente bloque une seconde invitation, l’InMail est alors le seul moyen de relancer. Le troisième est l’entreprise cible qui visite votre site, avec le même schéma d’invitation puis d’InMail. Dans tous les cas, l’InMail intervient en dernier, pas en premier. Dépenser un crédit sur un prospect qui aurait accepté une invitation gratuite est le moyen le plus rapide de vider un stock de 15.

Les erreurs qui coûtent des crédits
Lancer une séquence sans regarder le solde. Un outil qui affiche un solde faible ne vous empêche pas de lancer, il ignore les contacts un par un.
Régler le plafond quotidien sans calculer le mois. Un plafond de dix par jour épuise un stock de 50 en une semaine.
Mélanger des expéditeurs Premium et non Premium. Dans une campagne à rotation, une partie des contacts ne recevra tout simplement pas l’InMail.
Se fier au comparatif d’un concurrent. Deux éditeurs peuvent décrire le même outil de façon contradictoire : lisez la documentation de celui dont vous achetez l’abonnement.
Quel choix selon votre situation
Si vous avez déjà un abonnement LinkedIn Premium et que vous voulez intégrer l’InMail à une séquence multicanal avec e-mail, lemlist est le choix documenté le plus direct, à condition d’accepter son plan Multichannel. Si vous travaillez avec un abonnement Sales Navigator et que le volume ou la gestion de plusieurs comptes compte, HeyReach documente la gestion des profils ouverts à zéro crédit, ce que la documentation de lemlist ne mentionne pas. Dans les deux cas, gardez l’InMail comme dernier maillon d’une séquence qui commence par une invitation.
Pour construire la séquence elle-même, voyez la méthode complète pour décrocher des clients sur LinkedIn, et pour savoir si le réseau mérite votre effort face à l’alternative, LinkedIn ou X pour le B2B.