Brevo affiche « gratuit pour toujours, pas de carte bleue requise » en haut de sa page de tarifs. C’est vrai. Ce que la phrase ne dit pas, c’est ce que ce gratuit retire : le logo de l’éditeur au bas de vos e-mails, l’automatisation limitée, et un plafond d’envoi par jour plutôt que par mois. Le prix d’un logiciel d’emailing se lit dans ses restrictions, pas dans son slogan.
Sommaire 8 parties
Le verdict avant le détail
Brevo est un bon point de départ pour une TPE, un indépendant ou un créateur qui envoie une newsletter à une liste qui a accepté de le lire. L’entrée est gratuite, la progression est lisible jusqu’à l’offre Standard, et l’éditeur se présente comme une plateforme marketing française.
Il faut en revanche regarder le saut entre Standard, à 15 euros par mois, et Pro, à 499. Entre les deux, il n’y a rien. Si votre besoin dépasse les automatisations de base (WhatsApp, pop-ups, notifications push, plusieurs utilisateurs), la facture change d’échelle d’un coup.
Pour essayer sans carte bancaire : Brevo (lien affilié).
Ce que vous payez réellement
Les prix de la page de tarifs française, en euros. Le tarif annuel affiche une remise de 10 %. La page ne précise pas si les montants s’entendent hors taxes.
| Offre | Par mois, mensuel | Par mois, annuel | Volume d’entrée |
|---|---|---|---|
| Gratuit | 0 € | 0 € | 300 e-mails par jour |
| Starter | 7 € | 6,33 € | à partir de 5 000 e-mails par mois |
| Standard | 15 € | 13,50 € | à partir de 5 000 e-mails par mois |
| Pro | 499 € | 449,08 € | à partir de 150 000 e-mails par mois |
| Entreprise | sur devis | sur devis | sur mesure |
Le prix dépend du volume d’e-mails envoyés, que la page appelle « volume mensuel d’emails (marketing et transactionnels) ». Elle propose aussi des crédits d’e-mails prépayés, sans limite d’envoi quotidienne et sans date d’expiration.
Un détail d’arithmétique que le tableau rend visible : le gratuit autorise 300 e-mails par jour, soit plus de 9 000 par mois si vous les répartissez, plus que le volume d’entrée de Starter (5 000). Ce que vous achetez à Starter, ce n’est donc pas du volume, ce sont des fonctions. La page de tarifs ne dit pas si le plafond quotidien du gratuit disparaît avec Starter : posez la question avant de payer pour ce motif.
Ce que chaque offre ajoute
Starter donne l’éditeur par glisser-déposer, des modèles, un générateur de contenu par IA, la segmentation avancée, les formulaires d’inscription, des rapports simples et un support par e-mail (la page indique six langues, sans les nommer). Les campagnes SMS sont possibles, avec des crédits vendus à part.
Standard ajoute l’automatisation, les tests A/B, des rapports avancés avec cartes de chaleur des clics, l’heure d’envoi optimisée par IA, le suivi du comportement sur votre site et une page d’atterrissage. Et le détail qui compte : la suppression du logo « Envoyé par Brevo » est incluse. Sur Starter, elle se paie 8,10 euros de plus par mois.
Pro ajoute WhatsApp, les pop-ups, les notifications push, dix utilisateurs, le scoring des contacts, des fonctions e-commerce avancées, du support par téléphone et trois heures par an avec un spécialiste de la délivrabilité.
Entreprise apporte notamment l’adresse IP dédiée et la connexion SSO, sur devis.
Brevo vend aussi des « packs Sales » pour le CRM : un gratuit avec un utilisateur, un à 26,08 euros par mois et un à 53,08 euros par utilisateur. Si vous cherchez un CRM, regardez-les à part.
Tous les forfaits incluent les e-mails transactionnels (confirmations, notifications), selon l’éditeur.
Les limites du plan gratuit
L’aide officielle les détaille, dans un article qui n’est pas daté : vérifiez-les sur la page de tarifs avant de vous décider. Ce qui ressort :
- 300 e-mails par jour, non reportés au lendemain. Pour une campagne plus grande, seuls 300 destinataires sont servis le jour prévu, et le reste demande un renvoi manuel.
- Jusqu’à 100 000 contacts stockés, un seul utilisateur.
- Le logo « Envoyé par Brevo » reste en bas de chaque message.
- Statistiques de base, automatisations limitées à 2 000 contacts uniques, pas de tests A/B.
- Un CRM plafonné à 50 affaires ouvertes et un seul pipeline.
Pour une newsletter hebdomadaire à quelques centaines d’abonnés, c’est suffisant. Pour une campagne ponctuelle à une liste de plusieurs milliers de contacts, le plafond quotidien casse l’effet « tout le monde reçoit le même jour ».
La délivrabilité : ce que l’éditeur dit, et ce qu’il laisse à votre charge
L’éditeur recommande d’authentifier votre domaine. Concrètement : un enregistrement fourni par Brevo, plus DKIM et DMARC. Il précise que SPF et MX ne sont pas requis pour l’authentification, sauf si vous utilisez une adresse IP dédiée. L’éditeur présente l’authentification comme un moyen d’améliorer la délivrabilité et de protéger votre domaine contre l’usurpation : pas comme une garantie d’arriver en boîte de réception.
Les pourcentages de réception que l’on lit sur certains blogs ne sont pas sourcés : ne les prenez pas pour des mesures. L’adresse IP dédiée, elle, est réservée à l’offre Entreprise sur la page de tarifs.
Données et conformité
La page de tarifs affiche « la plateforme marketing 100 % française ». L’aide officielle indique des serveurs situés dans l’Union européenne : OVH en France et en Allemagne comme hébergeur principal, et des données stockées sur Google Cloud en Belgique. La page qui le dit n’est pas datée. La page sécurité mentionne une certification ISO 27001, avec deux versions de la norme indiquées à des endroits différents. Pour un traitement qui touche à des données personnelles, notre guide du RGPD rappelle ce qui reste de votre responsabilité, quel que soit l’outil.
Là où ça coince
Le saut de 15 à 499 euros. Il n’y a pas d’offre intermédiaire pour ceux qui ont besoin de WhatsApp ou de pop-ups sans payer dix utilisateurs.
Le logo, par défaut. Gratuit ou Starter, vos e-mails portent la signature de l’éditeur, sauf si vous payez pour l’enlever.
Le prix suit le volume. Plus votre liste est active, plus l’abonnement monte. Prévoyez-le dans un budget annuel.
Un support par téléphone réservé à Pro. Les autres offres passent par l’e-mail.
Pas un outil de prospection. Brevo est pensé pour écrire à des contacts qui vous ont donné leur adresse. Pour du démarchage à froid, c’est un autre métier : voyez notre guide pour trouver l’e-mail professionnel d’un prospect avant de choisir un outil.
Peu de retours indépendants. Un test de TechRadar juge l’outil adapté aux PME et pointe le saut de prix et l’absence de téléphone sur les offres basses. Les autres tests lus viennent de sites commerciaux ou affiliés, avec des chiffres qui divergent de la page de l’éditeur.
Quel profil pour quelle offre
Vous lancez une newsletter et vous voulez tester : le gratuit, en acceptant le logo et le plafond quotidien.
Vous voulez retirer le logo et envoyer régulièrement : Standard, qui inclut le retrait du logo et l’automatisation.
Vous avez besoin de WhatsApp, de pop-ups ou de plusieurs utilisateurs : Pro, en comptant la facture, ou comparez avec nos meilleurs logiciels d’emailing.
Les prix et conditions ci-dessus sont ceux de la page de tarifs au moment de la rédaction. Vérifiez-les avant de souscrire, et regardez ce que le calculateur de la page affiche pour votre volume.

