Buzzsprout vs Castos : site satellite ou votre propre WordPress
Par Yann Nabusset

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Ces deux hébergeurs démarrent au même prix, autour d’une vingtaine de dollars mensuels, et proposent le même socle de fonctions : hébergement des fichiers, flux RSS, distribution vers les annuaires, statistiques. À ce niveau de comparaison, on ne peut pas les départager.
Ils reposent pourtant sur deux philosophies opposées, et deux questions suffisent à trancher. Combien d’heures publiez-vous chaque mois, et où voulez-vous que votre podcast existe.
Je produis des entretiens qui dépassent régulièrement les deux heures, sur un site que je cherche à faire remonter dans les résultats de recherche. Ces deux questions me concernent directement, et elles donnent deux réponses opposées.
Première question : combien d’heures publiez-vous
Buzzsprout facture les heures que vous téléversez. L’offre d’entrée couvre quatre heures mensuelles, la suivante quinze, la plus haute trente-cinq, avec un dépassement facturé à l’heure supplémentaire. Le plan gratuit donne deux heures par mois mais efface vos épisodes au bout de quatre-vingt-dix jours, ce qui en fait un essai déguisé.
Castos ne compte rien. Ni les uploads, ni les épisodes, ni les téléchargements, ni le stockage, sur aucune de ses offres payantes. Vous publiez ce que vous voulez, aussi long que vous voulez.
Pour une émission hebdomadaire de quarante minutes, cette différence est théorique : vous ne toucherez jamais les quatre heures de Buzzsprout. Pour un format d’entretien long, elle devient centrale. Un seul épisode de trois heures et demie consomme presque l’intégralité du forfait d’entrée, et deux entretiens dans le mois vous font changer de palier.
Autrement dit, Buzzsprout facture votre production. Castos facture votre présence. Plus vous enregistrez, plus l’écart se creuse en faveur du second.

Deuxième question : où doit vivre votre podcast
C’est le vrai départage, et il est rarement posé.
Buzzsprout vous fournit un site de podcast hébergé chez lui. C’est pratique, ça vous évite d’en construire un, et si vous n’avez pas de site par ailleurs, c’est une bonne affaire. Mais ce site vit sur un domaine qui n’est pas le vôtre, et tout ce que vous y publiez profite au référencement de la plateforme autant qu’au vôtre.
Castos fait l’inverse. Via son extension WordPress, l’une des plus utilisées de l’écosystème, vous publiez vos épisodes depuis le tableau de bord de votre propre site pendant que Castos héberge les fichiers en arrière-plan. À chaque téléversement, un article WordPress est créé automatiquement avec le lecteur, le titre, la description et les métadonnées.
La conséquence est décisive pour qui mise sur la recherche organique : vos épisodes deviennent des pages de votre domaine. Ils alimentent votre maillage interne, votre autorité, votre trafic. Ils cessent d’être du contenu logé chez quelqu’un d’autre.
Si votre podcast est un canal parmi d’autres dans une stratégie de contenu, cette différence vaut à elle seule l’écart de prix. Si votre podcast est votre seul actif et que vous n’avez pas de site, elle ne vous concerne pas.
Le podcast privé, une fonction que l’un a et l’autre pas
Castos gère des flux privés : formations, contenus d’équipe, espaces réservés aux adhérents payants. L’accès se donne par invitation par e-mail et se retire à tout moment.
C’est un usage professionnel qui sort du podcast public, et il ouvre des modèles économiques que Buzzsprout ne permet pas. Onboarding interne, contenu bonus réservé aux abonnés, module audio d’une formation payante. Si l’un de ces scénarios vous concerne, la comparaison s’arrête là.
La vidéo
Aucun des deux n’est un hébergeur vidéo, mais ils gèrent la question différemment.
Buzzsprout ne prend pas en charge les podcasts vidéo. Si vous téléversez un fichier vidéo, la plateforme en extrait l’audio et publie un épisode audio uniquement. Pour qui filme ses entretiens, c’est une limite structurante.
Castos propose une republication automatique vers YouTube, ce qui n’en fait pas une plateforme vidéo mais vous évite une manipulation manuelle à chaque épisode.
Ce que Buzzsprout fait mieux
La simplicité, et il ne faut pas la sous-estimer. L’interface est claire, la distribution vers les annuaires se fait en un clic, et la plateforme est régulièrement citée comme la plus accessible aux débutants. Aucune compétence technique n’est nécessaire. L’hébergeur sur lequel vous publiez effectivement vaudra toujours mieux que celui dont vous n’avez jamais fini le paramétrage.
Le test gratuit, aussi. Castos n’a pas d’offre gratuite, seulement un essai de quatorze jours. Buzzsprout permet de publier deux heures sans sortir la carte bancaire, ce qui suffit à voir si le format vous plaît avant de vous engager.
Enfin, Buzzsprout propose une offre d’archivage qui permet de continuer à héberger votre émission pendant une pause. Ça n’a l’air de rien jusqu’au jour où vous levez le pied et où vous ne voulez pas payer plein tarif pour un flux dormant.
Ce que Castos fait mieux
Au-delà de l’intégration et des flux privés, la réputation est solide : autour de 4,85 sur 5 sur plus de cinq cents avis, avec un support régulièrement cité comme l’un de ses points forts. Dans une catégorie où la lenteur du support est le grief le plus fréquent, ce n’est pas anecdotique.
La montée en gamme est aussi plus lisible. Les offres supérieures ajoutent des fonctions, pas des quotas, ce qui évite de changer de palier simplement parce que vous avez publié un épisode plus long que d’habitude.
Le verdict
Prenez Buzzsprout si vous démarrez, si vos épisodes tiennent sous l’heure, si vous n’avez pas de site à alimenter et si vous voulez publier ce week-end sans rien configurer.
Prenez Castos si votre site tourne sous WordPress et que vous voulez que vos épisodes travaillent pour votre référencement, si vous publiez du format long, ou si vous avez besoin de flux privés.
Hors WordPress et sur des épisodes courts, l’avantage de Castos se réduit fortement et son prix d’entrée paraît élevé face à la simplicité de son concurrent. Ne payez pas pour une intégration que vous n’utiliserez pas.

Transparence
Les deux liens de cette page sont des liens d’affiliation, et ils ne me rapportent pas la même chose. Buzzsprout verse une somme fixe une seule fois, Castos reverse une commission récurrente sans limite de durée. J’ai donc un intérêt financier à ce que vous choisissiez Castos, et le lien Buzzsprout vous donne pour sa part un crédit de bienvenue sur votre compte.
C’est pour cette raison que je vous donne deux questions de départ plutôt qu’un gagnant. Si vous n’avez pas de site WordPress et que vos épisodes font quarante minutes, prenez Buzzsprout, et tant pis pour moi.
Les grilles tarifaires évoluent régulièrement dans cette catégorie. Vérifiez les prix sur les pages officielles avant de vous décider.
Pour aller plus loin
Si Castos vous semble surdimensionné mais que le modèle aux heures d’upload de Buzzsprout vous inquiète, il existe une troisième voie : la facturation aux téléchargements, qui ne pénalise pas les formats longs. C’est le sujet du comparatif Buzzsprout contre Captivate.
Pour une vue d’ensemble du marché, y compris les acteurs français et les options gratuites, voyez le comparatif des hébergeurs de podcast.
Et si vous n’avez pas encore arrêté votre chaîne de production, le choix de l’hébergeur vient après celui de l’outil de captation, dont dépend toute la qualité de vos épisodes : voir le comparatif des outils d’enregistrement à distance.
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Essayez Castos
La plupart de ces outils proposent un essai gratuit : le plus sûr reste de les tester sur un de vos propres contenus.