Alternatives à ChatGPT Pro : six options et ce qu’elles coûtent vraiment
Par Yann Nabusset

Il existe un endroit où vous pouvez tendre 229 euros par mois à un commerçant et vous faire répondre non. C’est la page d’abonnement de ChatGPT. OpenAI n’accepte plus les nouvelles souscriptions à son offre Pro, ni les montées en gamme depuis Plus. Motif invoqué : ce palier écrase ses serveurs depuis l’arrivée de son dernier modèle. C’est présenté comme temporaire. Les abonnés en cours gardent leur accès, à condition de ne surtout pas résilier, ce qui transforme un abonnement logiciel en bail parisien.
Le paradoxe de Groucho Marx, à l’envers : voilà un club dont vous voulez être membre, et qui refuse de vous compter parmi les siens.
Reste la question qui, elle, ne se périmera pas. Un abonnement IA à trois chiffres se justifie-t-il pour un marketeur, et lequel prendre quand le premier de la liste a mis le panneau complet ?
Six options restent ouvertes. Tarifs relevés sur les pages officielles, pas chez les comparateurs qui recopient des chiffres périmés.
Ce qu’il faut prendre, sans le baratin
Vous vouliez du Pro pour ne jamais regarder le compteur : Claude Max, même logique, à partir de 100 dollars par mois.
Vos journées sont en recherche documentaire : Perplexity Max, facturé au dollar près le tarif qu’OpenAI refuse d’encaisser.
Vous vouliez un prix en euros, facturé en France : Google AI Ultra est le seul de la liste à le faire.
Et si vous n’avez jamais saturé votre abonnement actuel, la bonne réponse est de ne pas monter en gamme. On y revient à la fin, c’est la partie qui rapporte le plus.
Ce que vous perdez, ligne par ligne
Sur sa propre page, OpenAI vend Pro comme « cinq fois plus d’usage » que Plus. Cinq fois plus de quoi, le mot n’est nulle part. Les chiffres vérifiables sont dans le tableau comparatif : 400 000 jetons de contexte en mode raisonnement contre 256 000 sur Plus, 128 000 en mode instantané contre 54 000, génération d’images sans limite, accès étendu au modèle le plus récent.
Vous perdez donc deux choses : la capacité d’avaler un document très long d’une traite, et le droit de ne pas surveiller votre consommation. La seconde fait payer trois chiffres à des gens qui n’ouvrent jamais trois cents pages.
Détail que les comparatifs oublient : l’offre Go, le palier bas, porte sur la page officielle la mention « ce forfait peut contenir de la publicité ». Un abonnement payant avec des encarts. Descendre en gamme se paie deux fois.

Claude Max, le sosie tarifaire
Anthropic parle la même langue commerciale. Pro à 20 dollars par mois en mensuel, 17 dollars en annuel avec 200 dollars prélevés d’avance. Au-dessus, Max démarre à 100 dollars et se décline en deux paliers, cinq fois ou vingt fois l’usage de Pro par session de cinq heures.
C’est l’équivalence la plus honnête avec ce que faisait ChatGPT Pro, parce qu’Anthropic vend la chose pour ce qu’elle est : du volume. Pas une fonctionnalité magique, pas un modèle réservé aux initiés. Avec en prime des limites de sortie plus hautes et un passe-droit aux heures de pointe.
Là où ça coince : la fenêtre de contexte reste à 200 000 jetons sur tous les paliers grand public. Payer vingt fois plus ne donne pas plus de place, seulement plus d’allers-retours. Si votre problème était la taille des documents, Max ne le résout pas.
Prix hors taxes. Entrée du palier haut : 100 dollars par mois.
Google AI Ultra, le seul qui ose l’euro
Google est le seul éditeur de cette liste à publier une grille en euros pour la France. Dans un marché où tout le monde affiche des dollars hors taxes en espérant que vous ne fassiez pas le calcul, c’est presque une prise de position.
La progression est lisible : application Gemini gratuite, Google AI Plus à 4,99 euros par mois, Google AI Pro à 21,99 euros, et Google AI Ultra à partir de 99,99 euros, avec un second palier à 219,99 euros pour vingt fois les limites de Pro.
L’argument pour un marketeur n’est pas le modèle, il est logistique. À partir de Pro, Gemini s’installe dans Gmail, dans Docs et dans le reste de la maison, avec un import de fichiers annoncé jusqu’à 1 500 pages. Si votre travail vit déjà dans Workspace, vous achetez un assistant et vous récupérez 5 To de stockage au passage.
Là où ça coince : l’offre ressemble à un panier garni. Vous payez 219,99 euros par mois pour une IA et vous repartez avec du stockage cloud, un abonnement Google Home et YouTube sans publicité. Quelqu’un, quelque part, paie le prix d’un smic hebdomadaire pour regarder des vidéos de chats sans interruption. Vérifiez aussi ce qui fonctionne en français, Google précisant que Gemini dans Gmail et Docs ne couvre que certaines langues.
Entrée du palier haut : 99,99 euros par mois.
Perplexity Max, à deux cents dollars pile
Perplexity Max coûte 200 dollars par mois, ou 2 000 dollars par an, l’annuel n’étant disponible que sur l’application web. Soit exactement le tarif qu’OpenAI ne veut plus prendre. Le marché a horreur du vide, et Perplexity a la politesse de ne pas le souligner.
L’offre vise un usage net : accès prioritaire aux modèles avancés des autres éditeurs, création illimitée de rapports, de tableurs et de tableaux de bord, assistant navigateur, et une mémoire qui se construit une carte de vos projets et de vos fichiers. Pour qui produit de la veille concurrentielle à la chaîne, le calcul se tient.
Là où ça coince : Max n’est ouvert qu’aux comptes grand public déjà en Free ou en Pro, et l’accès prioritaire ne vaut que dans l’interface web. Via l’API, vous repassez à la caisse. Le remboursement reste possible sous quatorze jours dans l’Union européenne : de quoi découvrir si vous étiez un professionnel de la recherche ou un curieux enthousiaste.
Entrée : 200 dollars par mois.

Mistral Vibe Pro, l’option qui descend au lieu de monter
Premier point, parce qu’il va casser vos recherches : Le Chat s’appelle désormais Vibe. Conversations, réglages et abonnements sont conservés, seul le nom a pris un bain de jouvence.
Le plan Pro est à 14,99 dollars par mois hors taxes, soit moins que les paliers d’entrée d’OpenAI et d’Anthropic. Il embarque 15 dollars mensuels de crédits API, jusqu’à 15 Go de bibliothèques, mille dossiers de projet, la planification illimitée de tâches récurrentes et un support par chat et e-mail. Le plan gratuit plafonne à cinq tâches planifiées et donne déjà 10 dollars de crédits.
Pour un marketeur indépendant, c’est l’option à tester avant toute montée en gamme, parce qu’elle attaque le problème par le bas. Plus de cent connecteurs et une compatibilité MCP, ce qui pèse plus lourd au quotidien que la place du modèle dans un classement que personne ne consulte deux fois.
Là où ça coince : ne confondez pas éditeur français et données hébergées chez vous. Les déploiements souverains, l’auto-hébergement et la résidence des données figurent sur l’offre Enterprise, pas sur Pro. Et l’entraînement des modèles fonctionne en option de retrait, autrement dit il tourne jusqu’à ce que vous alliez cocher la case.
Entrée : 14,99 dollars par mois.
Reprendre Plus et faire son deuil
L’option la moins discutée est aussi la plus probable : rester chez OpenAI un cran plus bas. Plus donne les modèles de raisonnement récents, les projets, les tâches planifiées, les GPT personnalisés, la recherche approfondie étendue et les extensions Excel, PowerPoint et Sheets.
Sur la page officielle, l’écart réel entre Plus et Pro tient en trois lignes : le volume, la taille de contexte, et le mode le plus lourd du dernier modèle. Le reste est identique, case pour case. Beaucoup ont payé cinq fois le prix pour ces trois lignes, et une partie l’apprend en lisant ce paragraphe.
Là où ça coince : c’est le plafond que vous connaissez déjà. Mais la fermeture du palier haut pose une question utile, vous gênait-il, ou vous rassurait-il ?
L’API, ou payer ce que vous consommez vraiment
Dernière option, la plus rentable pour un usage irrégulier, et la plus ignorée. Un abonnement à trois chiffres est un forfait : vous payez la disponibilité, pas la consommation. C’est l’abonnement de salle de sport qu’on prend en pleine résolution et qu’on honore trois fois. L’API fonctionne à l’inverse, à la séance.
Les tarifs publics donnent l’ordre de grandeur. Chez Anthropic, le modèle intermédiaire est à 2 dollars le million de jetons en entrée et 10 dollars en sortie, le modèle haut à 5 et 25 dollars. Chez Mistral, le modèle Large est annoncé à 0,5 dollar le million en entrée et 1,5 dollar en sortie, avec un traitement par lots qui coupe la facture de moitié.
Pour la plupart des profils marketing, deux cents dollars mensuels d’API représentent un volume qu’ils n’atteindront jamais, même en y mettant de la mauvaise volonté. Un forfait qu’on ne sature pas n’est plus un outil, c’est une assurance. Rien n’interdit d’en payer une, encore faut-il savoir que c’est ce qu’on achète.
Là où ça coince : l’API sans interface, c’est un moteur sans voiture. En brancher une prend du temps, et le temps se facture aussi.
Le tableau, parce qu’il en faut un
| Offre | Tarif d’entrée du palier haut | Affiché en |
|---|---|---|
| Claude Max | 100 $ par mois | dollars, hors taxes |
| Google AI Ultra | 99,99 € par mois | euros, France |
| Perplexity Max | 200 $ par mois | dollars |
| Mistral Vibe Pro | 14,99 $ par mois | dollars, hors taxes |
Méfiez-vous de la comparaison au premier coup d’œil. Google publie une grille en euros pour la France, Anthropic et Mistral affichent du hors taxes. Deux offres au même chiffre n’arrivent pas au même montant sur le relevé bancaire.
Regardez votre compteur avant de sortir la carte
Ouvrez les paramètres d’usage de votre abonnement et vérifiez si vous avez déjà touché le plafond sur un cycle de facturation complet. Si la réponse est non, la fermeture du palier haut ne vous concerne pas, et vous venez d’économiser un abonnement que vous alliez prendre par réflexe.
Si la réponse est oui, la bonne question n’est pas quel modèle est le meilleur. Personne n’a jamais gagné un client avec un classement de modèles. Elle est de savoir lequel de vos trois besoins vous coûte le plus cher : le volume, la taille de contexte, ou l’intégration à vos outils. Claude répond au premier, Google au troisième, et personne ne répond franchement au deuxième depuis que ChatGPT Pro a fermé le guichet.
Les tarifs bougent souvent, et rarement dans le sens qui vous arrange : vérifiez avant de payer.